Hier à l'aube, les manifestants mettent en place une barricade au Caire. B. CURTIS / AP / SIPA
égypte Le gouvernement a interdit les manifs
« Aucun mouvement provocateur ou rassemblement de protestation, ou quelque marche ou manifestation ne sera autorisée.» Au lendemain de la «journée de colère» de mardi qui a secoué le pays, provoquant la mort de trois manifestants et d'un policier, le gouvernement égyptien serre la vis. Tout en promettant par la voix de son Premier ministre, Ahmed Nazif, de défendre la liberté d'expression.
L'inspiration tunisienne
Dans tout le pays, 500 manifestants ont été interpellés lundi et mardi. Hier matin, la police dispersait, à grand renfort de canons à eau et de gaz lacrymogènes, ceux qui occupaient la place Tahrir, dans le centre duCaire, la capitale. «Il s'agit d'éviter que les violences ne dégénèrent, ce qui polariserait d'autant plus la population contre le régime. Mais, aussi, d'étouffer un mouvement qui se nourrit de son propre succès », analyse Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS en poste au Maroc. Malgré tout, hier, ils étaient encore des milliers sur la place Tahrir à réclamer «la chute du régime». Des heurts ont éclaté dans la capitale, devant le siège du syndicat des journalistes et, à Suez, où des manifestants ont incendié hier soir un bâtiment gouvernemental et tenté de mettre le feu à des locaux du parti au pouvoir. «La société égyptienne est en ébullition depuis plusieurs années, ce n'est pas nouveau», explique Marc Lavergne, chercheur du CNRS basé auCaire. Mais, cette fois, le mouvement a gagné en nombre. Et même si, souligne l'analyste, «la configuration politique et sociale est différente de la Tunisie», l'espoir suscité par la révolution voisine n'y est sans doute pas étranger. D'autant que les populations partagent chômage et désespoir. De là à y voir le présage du renversement de Moubarak, rien n'est moins sûr. Etant donné que le régime est solide et soutenu par l'armée.
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